Inauguration de Superpublic, premier lieu consacré à l’innovation dans le secteur public

En ma qualité de Président de la 27ème Région, j’inaugurais hier soir, aux côtés de Marylise Lebranchu - Ministre de la Décentralisation et de la Fonction Publique, Emmanuel Grégoire - Adjoint au Maire de Paris, Alain Rousset - Président de l’Association des Régions de France, Laure De La Bretèche - Secrétaire Générale pour la Modernisation de l’Action Publique et toute l’équipe de la 27ème région, Superpublic.

Superpublic est une initiative lancée dans le cadre de Re-acteur public. Premier lieu consacré à l’innovation dans le secteur public, il est ouvert à tous ceux qui mettent au point de nouvelles façons d’innover dans les administrations et les collectivités. Il est équipé pour le prototypage de projets innovants, la conduite d’ateliers de conception créative, l’organisation de rencontres et de formations spécialisées, et la mutualisation de ressources et d’espaces de travail dans un esprit de co-working. C’est ainsi que nous redonnerons la parole aux citoyens.

J’explique plus longuement ce projet dans l’article de Libération disponible ici : http://www.liberation.fr/politiques... ou ci-dessous :

En quoi Superpublic va-t-il exactement consister ?
Il s’agit d’un lieu original, le premier en France, qui va abriter plusieurs équipes. La 27ème région est un laboratoire d’innovation publique, association fondée il y a six ans, des équipes de l’Etat (SGMAP) et des professionnels issus du design de service public – une nouvelle discipline. Il s’agit de repenser la conception des politiques publiques en partant des besoins réels des usagers, comme le font déjà les designers dans d’autres domaines. De nombreuses expérimentations ont déjà eu des résultats. Des lycées, des médiathèques, des maisons de santé sont nés de ce travail. Nous avons par exemple travaillé avec la Région Champagne-Ardenne pour développer des politiques jeunesse. Des méthodes nouvelles sont mises au service d’objectifs de transformation. Superpublic, lieu pluridisciplinaire, permettra aux agents de l’Etat, des collectivités locales, aux usagers, à des experts – designers, sociologues, ethnologues...-, de travailler ensemble à co-créer un nouveau monde public.

Quel est l’enjeu de ce projet ?
C’est de mettre en avant une nouvelle culture de l’action publique, avec une interaction très vivante entre agents publics et citoyens. A l’opposée des politiques mises en place depuis les années 1980, dont la Révision générale des politiques publiques (RGPP), fondée sur l’autorité verticale et le cost killing, est une illustration. Nous proposons une nouvelle philosophie des politiques publiques en rupture avec les approches managériales traditionnelles. Nous comptons redonner la parole aux acteurs, à tous les niveaux des administrations. Les contraintes budgétaires ne sont pas la seule boussole ! Omniprésentes, elles assèchent la recherche de solutions. Et nous voulons aller au plus près du terrain, de l’usager.

Comment comptez-vous agir ?
En intervenant notamment sur la formation, pour les futurs cadres de l’action publique, avec des actions organisées dans les Instituts régionaux d’administration (INA), à l’Institut national des études territoriales (INET), mais aussi à l’Ecole nationale d’administration (ENA). Ce sera une révolution pour l’ENA…Mais aussi par l’expérimentation locale et la diffusion permanente de ces travaux inédits.

Est-ce de la démocratie participative ?
Si ce mouvement nous inspire, avec les comités de quartier ou les jury citoyens, ici c’est davantage une démarche collective sur l’organisation du travail, sur la construction de l’action publique pour rendre l’administration plus désirable et capable d’un travail critique sur elle-même. Nous voulons faire dialoguer les sciences de gestion avec des disciplines de création. Ce travail s’inscrit aussi la mutation numérique et dans la société en réseaux décrite par le sociologue Manuel Castells, en mettant en valeur le décloisonnement face à la rigidité hiérarchique.

Les leviers traditionnels de l’action publique sont-ils à ce point cassés ?
Ce qui ne marche pas, c’est le cloisonnement et la verticalité. Nous voulons lutter contre la perte de sens que produit trop souvent l’éloignement entre décideurs, fonctionnaires et usagers. Il s’agit de remettre l’imagination au cœur des processus publics, face aux méfaits de la routine du pouvoir au sommet et de la bureaucratie à la base. Prenez-vous modèle sur des stratégies du monde de l’entreprise ? S’il y a un parallèle à faire, ce pourrait être avec le lancement des startups. Mais ce n’est pas la même vision. Nous avons des exigences de rigueur méthodologique, mais aussi des aspirations démocratiques. Les usagers des services publics ne doivent plus être simplement consultés, mais deviendront des acteurs à part entière des projets : c’est une logique de « co-conception » qui doit prédominer. Ce travail en commun, c’est un saut qualitatif dans la participation des citoyens, des usagers, en rupture totale avec les approches verticales et hiérarchiques à l’œuvre dans les sciences de gestion, mais aussi dans la culture du droit public. Nous devons défendre la créativité. Superpublic se rapproche plus d’une résidence d’artistes que d’un open space deMcKinsey [cabinet de conseil américain ndlr] ! Trouvez-vous votre inspiration dans des modèles à l’étranger ? Une vingtaine de structures semblables existent un peu partout dans le monde. Comme le Mindlab à Copenhague , un laboratoire interministériel offrant un espace proche de celui que nous avons construit avec Superpublic.

Comment Superpublic est-il financé ?
Nous avons quatre sources de financement, toutes publiques : l’Union européenne, la Caisse des dépôts, les collectivités territoriales – notamment les régions et la ville de Paris - et l’Etat.