Fier d’avoir présenté, au nom de mes camarades, Le choix de l’Espoir, contribution de Vive la gauche !, au Conseil national du PS

Chers ami(e)s,

J’ai comme vous une pensée fraternelle pour nos camarades du Doubs qui ont mené, en notre nom, avec Frédéric Barbier, une campagne acharnée pour faire demain barrage au Front national. Avec en fond de décor, l’Ump qui a perdu la boussole, et les petites lâchetés de Nicolas Sarkozy.

Je pense aussi à tous ceux qui mènent des campagnes difficiles pour les élections départementales. Le meilleur hommage à leur rendre, c’est que nous sachions bien lancer ce congrès ce matin.

Pas comme un rituel, ni comme un affrontement, pas non plus comme une promenade de santé, où tout serait déjà annoncé. Mais comme un événement démocratique qui fera date.

Celui où les militants socialistes auront décidé de leur destin, et donc de l’avenir du pays, comme ils l’ont fait à chaque étape cruciale de leur histoire.

Si j’entends bien les premiers orateurs de ce matin, unanimes, nous devons faire des choix clairs d’orientation. Nous sommes à l’heure des choix, pas des évitements. A l’heure de l’unité, pas de l’uniformité.

Si nous nous égarons dans des discussions secondaires, nous sombrerons, dans l’indifférence.
Si nous n’affrontons pas quelques rudes vérités, celle que l’épreuve du pouvoir nous oblige à dire sans trahir, ce sera un Congrès pour rien et le signal irréversible du déclin.

Nous préparons ce congrès au milieu des tempêtes et des incertitudes.

Il vient après le choc des élections du printemps 2014, qu’aucun socialiste n’oubliera.
Il vient surtout après la tragédie de ce mois de janvier, et la fraternité des marches citoyennes, dont l’esprit républicain ne doit pas se perdre en route.

Il sera le congrès au milieu de l’épreuve du pouvoir. Nous l’abordons donc avec gravité.
Pour parler non seulement entre nous, mais avec les Français. Pas à huis-clos, mais à coeurs ouverts.

Je vous présente ce matin la contribution de Vive La Gauche. C’est surtout une démarche, qui est une étape sur la route du rassemblement.
Ce n’est pas le texte d’un courant. Il est l’expression commune de plusieurs, qui sans se renier, se dépassent dès ce moment. Et d’autres nous rejoindront.

Nous voulons, comme beaucoup, apporter des réponses aux doutes des militants, et à la colère qui est sous nos yeux dans le pays

Nous dirons d’abord, dans cette contribution, que la gauche ne doit pas agir à contre-emploi, à contre-sens.
La tentation existe, le risque est visible, mais l’addition se paye très vite.
Nous avons une responsabilité : celle du pouvoir.
Quand le droit du travail est affaibli,
Quand l’extension du travail dominical prend à contre-pieds et sans raison tous nos engagements ;
Quand les vraies réformes structurelles, la réforme fiscale, la réforme bancaire, tardent ou sont enlisées (et que la rente bancaire prospère) ;
Quand les inégalités disloquent les territoires, et s’aggravent.
Oui, nous avons la responsabilité du pouvoir.

Nous l’avons écrit : La gauche ne doit pas se laisser enfermer dans la pensée magique du libéralisme. Ce serait une faute d’assigner à résidence les socialistes dans une seule politique possible,
alors que celle de l’Europe bouge enfin, et que le message de la Grèce ouvre les consciences
alors, pourtant, que nos résultats tardent à venir,
que le chomage de masse ne se combat pas avec les réponses tièdes du libéralisme,
alors que de partout, dans la société, des propositions nous parviennent.

Oui, nous voyons dans cet enfermement dans une seule politique une offense à l’intelligence collective des socialistes, des militants et des parlementaires.

Ainsi, nous refuserions de voir la réalité en face : qu’une politique de l’offre quand elle est faite de baisse massive de prélèvements sans contreparties en investissement et en embauches est vouée à l’échec ?

Et nous laisserions, comme jamais, la distance se creuser avec les syndicats de salariés, avec les grandes associations, avec le monde de la culture ? Et d’abord avec les citoyens. Le peuple se détourne quand il sent qu’on ne sait pas l’écouter.

Ce que nous proposons ensemble peut demain réunir le parti socialiste, en tous cas, une majorité des socialistes.

Oui, la République est en danger de grandes fractures.
C’est incompatible avec la baisse continue des dotations et des investissements des collectivités locales.
C ‘est incompatible avec des associations, des clubs sportifs, lieux de culture, tous exsangues parce que les collectivités sont étranglées et l’Etat trop lointain. Pourtant, nous devons leur apporter soutien et renfort, dans les quartiers comme dans la ruralité.

Oui, nous défendons dans tous les domaines une politique efficace et juste.
Nous proposons pour l’avenir de ce pays une vision offensive, fidèle à nos engagements, pas une simple adaptation à la mondialisation.
La France ne gagnera pas en s’affichant comme un pays low cost, revendiquant le dumping social à Paris ou à Pékin.
Mais par un compromis social renouvelé, avec de l’investissement dans la formation, l’innovation, la qualité de nos entreprises et l’engagement de ses travailleurs.

La gauche a besoin dès 2015 d’un nouveau contrat de majorité, pour réussir ce quinquennat et préparer le suivant.
La gauche ne meurt jamais ; mais le Parti socialiste, lui, est dans l’épreuve. Et si rien ne change, nous ferons une expérience de grande solitude dans toutes les prochaines élections.

Du courage, et de la constance sont demandés à tous.
Convenez que nous avons l’une et l’autre.
Je réaffirme devant vous cette constance, qui va du projet du Parti socialiste en 2011, jusqu’aux 60 engagements de François Hollande.
Je réaffirme qu’il y a plus de courage à affronter le récit des puissants qu’à se couler dans le moule dominant.

Pierre Joxe disait récemment : « l’espérance est en danger ». Avec cette contribution, nous faisons le choix de l’espoir, pour la France.
Alors, aidez-nous à faire avancer ces idées, celles qui nous ont fait gagner en 2012, et pour dire encore longtemps Vive la Gauche.

Pour lire, signer, et partager notre contribution, rendez-vous sur le site de Vive la gauche !

http://www.vivelagauche.fr/2015/02/signez-la-contribution-generale-de-vive-la-gauche/