Pour des primaires ouvertes et équitables : mon intervention au Conseil national de ce dimanche 3 octobre

Il y a deux manières d’être socialistes en ce moment :
- La première, c’est de regarder couler le navire.
En espérant se sauver seul, ou au contraire en cédant à la mélancolie.
- La seconde, c’est de considérer qu’une alternance à gauche est possible.
C’est notre état d’esprit.
Le philosophe Michael Foessel écrivait ces jours-ci : « Ce n’est pas parce qu’un idéal s’est fourvoyé que les désirs qui le motivaient ont cessé d ‘être valables ». Oui, la gauche a un avenir.

Le temps est venu de l’inventaire, mais surtout d’un nouveau projet pour la gauche. La primaire va permettre de confronter les idées et les projets, sans renoncer à discuter le bilan. Car les Français ne sont pas amnésiques. Nous non plus.

Ce qui fait que nous tenons ensemble, c’est la primaire citoyenne.
Nous l’avons voulue, nous l’avons obtenue, nous allons y participer sans états d’âme.

Je regrette profondément que ce soit depuis le Congrès de Poitiers, le seul point d’accord qui ait pu être trouvé.

Il y avait dans le congrès une capacité à dépasser les motions pour de nouvelles orientations politiques, des réformes acceptables, des idées communes.
Elles ont été balayées avec désinvolture par l’exécutif, et si peu défendues par le parti.

Les Français vont en juger.
En attendant, il faut réussir les primaires.
Trois conditions :
- les règles du jeu
bureaux de vote, parrainages, les moyens et les budgets de la démocratie.
- leur application :
d’abord, la neutralité, celle du Parti, de sa direction
un contrôle collectif, pour rendre le résultat incontestable.
- un élan à donner
deux risques : une primaire verrouillée, une primaire anesthésié.

La manière de la préparer et d’en parler est donc essentielle :
- D’abord nous souhaitons qu’elle reste ouverte à toute la gauche, jusqu’au dernier moment. Nous le disons solennellement aujourd’hui à toutes les forces de la gauche. C’est la seule façon de ne pas être effacer lors de l’élection présidentielle.
- Ensuite, il faut la faire connaître. La primaire n’est plus réservée en 2016 à la droite. Mais qui le sait ? Donc il faut donner envie.
Les Jésuites désignent leur Supérieur général par quatre jours de « murmurationes » (« chuchotements »). Il n’y a ni candidat, ni campagne, ni propagande.
Nous ne voulons pas une primaire de chuchotements.
Une communication de grande ampleur est urgente et indispensable.

Ce qui nous fait tenir ensemble, alors que beaucoup pariaient sur la dislocation du PS, c’est la primaire.
J’invite à ce que d’autres processus ne viennent pas abimer cet événement démocratique.
- La préparation des investitures pour les élections législatives n’est pas conforme à l’idée que nous nous faisons de la vie de ce parti, ni à ce que devrait être l’instinct de survie d’un parti en difficulté historique sans précédent.
Quand on parle d’unité, il faut s’en donner les moyens
- La préparation des investitures produit l’impression qu’il existe des privilèges qui l’emportent sur la légitimité de l’action politique dans les territoires.
- La préparation des investitures ne fait pas problème là où nos députés repartent, ni là où la droite a gagné en 2012. Mais dans quelques dizaines de circonscriptions où existe un espoir de garder une ou un député socialiste.

Vous n’avez pas à ce jour recherché sérieusement un accord, malgré les séances longues et nombreuses consacrées à cette échéance.

Le Parti socialiste est aujourd’hui comme un funambule sur le fil.
Ses chances de revivre n’ont pas disparues. Mais il aurait fallu dans cette rentrée des révisions déchirantes :
Stratégie du Parti, choix du gouvernement.
Vous ne les avez pas voulues. Il nous appartient donc de reprendre le flambeau.